LUNDI Rossini et un PLU sans plussssssssssssss !
Les 1000 caractères seront aujourd’hui 1 000 notes. De musique. Et comme pour écrire un bon opéra il en faut plus de 1 000, un lecteur avertit en vaut deux, ou trois : on débordera le compteur !
Je me veux aujourd’hui le conteur du PLAN LOCAL D’URBANISME (PLU pour les initiés).
PLU par-ci, PLU par-là, c’est un peu comme Le Figaro de Beaumarchais, on le voit partout dans cette campagne. Mais vous le voulez comment : avec des plus, ou avec des moins, des dièses ou des bémols. Notre PLU est en effet digne de la mise en musique que Rossini réserva au célèbre Barbier de Séville.
A coup de dièses chez Thierry Sibieude, pour rehausser le ton de sa campagne sur le sujet ( mais avec la volonté d’abaisser le nombre d’étage ), et de bémols pour le maire sortant, pour calmer les appréhensions.
Sur ce sujet, le Modem ne joue pas de la même grosse caisse que Thierry Sibieude, mais entend pour sa part lancer lui aussi une « révision profonde », là où, chez les Verts, le « principal désaccord porte non pas sur le fait de construire mais sur la manière de construire ».
Normal, ils étaient dans une majorité bâtisseuse où je revendique ma pierre à l’édifice PLU, tel qu’il a été…………………….. construit.
D’abord un constat : Un PLU est un instrument politique. Il écrit pour une ville la partition de son développement urbain à l’horizon de dix ou quinze ans.
J’apporterai ensuite un dièse et un bémol, moi aussi.
Un bémol à tous les griefs des opposants à l’actuel PLU : celui adopté était un compromis entre des ambitions différentes en matière de construction. Un PLU ce n’est pas que des logements (c’est aussi des espaces pour les entreprises, les commerces, les équipements publics, des espaces verts et des petites fleurs), celui adopté à Cergy aurait pu l’être plus tôt, mais au moins ce décalage dans le temps aura-t-il permis de calmer quelques ardeurs. Et seul le résultat compte !
Le dièse, pour rehausser le ton : il faut dire que la question vitale du logement a été relevée à Cergy par la majorité sortante avant même que le sujet ne défraye la chronique nationale. Parce que l’urgence y est plus grande qu’ailleurs (une population jeune cherche à se loger ; les accidents de la vie y sont aussi importants ; et les loyers moins élevés que dans la première couronne… Pour ne citer que ces notes-là !).
Une conclusion : les limites adoptées dans le PLU sont des limites, et comme telles nul n’est obligé d’atteindre les 30m autorisés par exemple pour les constructions sur les Hauts de Cergy.
Donc si la partition existe, sa traduction musicale dépendra d’abord du chef d’orchestre, dont la personnalité, le caractère, le souffle donnera à l'œuvre à jouer plus ou moins de volume, de relief. Sans mauvais jeux de mot en la matière.
C’est pour cela que la dénonciation du PLU est un mauvais débat : il suffit à ceux qui n’en veulent pas de ne pas construire aussi haut. De dire oui au PLU, mais sans plusssssssssssss, et d'expliquer où seront les moins !
Et puis, si Le Figaro de Beaumarchais était barbier de son état, il était aussi révolté contre tous les abus de l’Ancien régime. « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », nous a dit définitivement Beaumarchais. Si le PLU ouvre des possibles, la meilleure anti-dote à une mise en œuvre controversée de ce PLU réside certainement dans la « liberté de blâmer ». Dans l’acceptation par les élus du 16 mars prochain d’un retour régulier devant la population pour débattre avec elle des modalités de sa mise en musique. L’avis des élus, rehaussés de l’expertise de conseillers de quartier, est une réalité politique. Elle bonifiera toujours d’une bonne et saine confrontation avec le point de vue des habitants. La démocratie participative c’est tout simplement cela !
Le sujet n’est pas simple. Les 1 000 caractères, non les notes, sont ici devenues plus du triple, donc à mercredi, si vous le voulez bien.