VENDREDI Honneur aux élus
Avez-vous déjà traversé le Sud-Ouest ? Vous aurez remarqué ces panonceaux bordés de liserés tricolores, arborant fièrement un « Honneur aux élus ». Cette coutume de la population de planter un « mai » (un tronc d'arbre) ainsi couronné, vise à rappeler à l'élu chez qui il est planté que s'il est au dessus de ceux qui l'ont élu, c'est d'abord parce que ses électeurs l'y ont placé. En acceptant ce rappel démocratique, ce souci d'égalitarisme, l'élu offre à boire à ses concitoyens.
Cergy, hier soir, dernier conseil municipal, une assistance clairsemée, une table du conseil presque au complet, et un ordre du jour technique : pour que l’administration municipale ne soit pas bloquée en ces temps électoraux où les conseils sont plus espacés. Les délibérations sont examinées pour repeindre une école, passer un contrat de services, payer un avocat… Les enjeux d'hier n’étaient pas politiques, d’ailleurs aucun des sujets examinés hier soir l'a été avec un débat à la clé. C’est rare pour être souligné.
Autour de la table, il est de « jeunes élus » comme votre obligé (7 ans), mais d’autres affichent un dévouement, un sens de l’engagement collectif depuis 1989 sans discontinuer, certains même depuis 1983 !
Beaucoup ne se représenteront pas, une page se tourne. Il y a des coeurs gros !
Au terme d'un mandat, il est des communes, parfois supérieures en taille à Cergy, où le maire distribue des médailles de la ville aux conseillers municipaux, pour clore et reconnaître leur engagement. Des communes de l'agglomération le font. Pour le maire ce peut être l'occasion de saluer ceux qui l'ont élu, ou combattu. Le temps d'un rassemblement autour de l'engagement démocratique.
Car au delà du maire qui remet la médaille, c'est aussi la commune qui remercie l'engagement de ses élus. Ce n’est pas tant la médaille qui compte que la reconnaissance implicite, toutes opinions politiques confondues, d’un engagement au service de la collectivité.
Cergy, toujours hier soir, la séance du conseil municipal s’est achevée à la stupéfaction (presque) générale par un « la séance est levée » du maire. Sans un mot de plus. Il n'avait pas apprécié une ultime remarque de l'opposition.
La convivialité des collations si intimement liées à la vie locale de notre ville n’avait pas droit de cité.
Et le maire de se replier discrètement avec quelques-uns des élus socialistes vers un cinquième étage où il aura pu méditer l'esprit de « mai » qui règne dans le sud-ouest.
A demain, si vous le voulez bien !